• Mathilde Despax

Le Dialogue environnemental en entreprise, une histoire de famille

Mis à jour : mai 5

J’ai été bercée dans l’univers du Droit social et de la protection de l’environnement. Enfant, mon Grand-père, Michel Despax, enseigne à l’Université des sciences sociales de Toulouse, qu’il préside, le droit du travail et le droit de l’environnement. Il nous emmène en vacances avec mes frères, à la découverte de la faune et la flore des Pyrénées dans la vallée de Saint Béat.


Auteur d'ouvrages sur l'entreprise, les conventions collectives de travail et la gestion du personnel, il publie en 1968 une étude sur la pollution des eaux et ses conséquences juridiques puis divers articles sur les problématiques de pollution atmosphérique, de nuisances industrielles et de protection de la nature. En 1976, il obtient le prix Elizabeth Haub de droit de l'environnement, décerné par l'université libre de Bruxelles.


Son livre (Le Droit de l’environnement - 1980), ne quitte jamais mon bureau et représente, à mes yeux, le seul objet précieux que je possède.


Pionnier de cette branche du droit, profondément en avance sur la prise de conscience actuelle, il nous a transmis l’importance des enjeux climatiques à venir et leurs impacts sur l’emploi.





Mon père, Hubert Despax, est avocat en droit social. Dès le collège, je traîne dans son bureau et l’aide à classer ses dossiers, lis sa veille juridique. Puis, étudiante en droit, rédige des notes de synthèse, l’accompagne à ses plaidoiries. Fervent défenseur de la biodiversité avec ma mère, ils se mobilisent avec d’autres riverains pour repenser le tracé de la route d’acheminement des pièces de l’A380 aux hangars d’Airbus, situés à 10km de notre village, qui traverse la forêt de Bouconne.



En début de parcours universitaire, mon père me réquisitionne pour rédiger les statuts d’une association qu’il souhaite créer : le GATE (Groupe d’Action pour le Travail et l’Environnement). Occupée par mes révisions ou l’appel des copains chez Tonton, QG des étudiants toulousains assoiffés, je fais traîner le projet jusqu’à sa disparition. Le GATE devient alors un running gag familial… "Alors les statuts du GATE... ÇA AVAAANCE ??"


Mon diplôme d’économie et droit du travail et une première expérience de juriste plus tard, je décide de partir visiter un an l’Amérique latine en voiture, fascinée par les paysages qu’elle me renvoie : Altiplano, Atacama, Uyuni, Patagonie, lacs et volcans, Licancabur, Aconcagua, lions de mer, guanacos, vigognes, viscachas…

J’y reste finalement 5 années, principalement à Valparaiso, où je travaille comme analyste de marché pour PwC. Une expérience riche en apprentissage, je couvre tous les secteurs d’activité dans une cadence de travail effréné et un environnement multiculturel.


Après une expérience entrepreneuriale avortée dans l’export de café équitable en Colombie, je décide de revenir à mes origines, personnelles et professionnelles.

J’intègre alors le pôle économique et financier d’un cabinet de conseil aux IRP à Paris. Lors de mon recrutement, le manager me demande si j’ai des engagements politiques ou associatif. Je lui réponds "Oui, je suis de gauche !". Mon patron m’indique que cette expérience professionnelle "connotera" mon CV pour la suite, je prends alors conscience du profond clivage des partenaires sociaux français.


Ma sensibilité pour la protection de l’environnement reste intacte et je m’engage à titre personnel sur ces enjeux. Pour moi, le lien entre emploi et environnement est indiscutable. J’en parle à mon ami Emile Meunier, figure de la lutte contre l’obsolescence programmée et avocat en droit de l’environnement qui m’encourage à écrire sur le sujet. Nous co-rédigeons un premier article sur la nécessité de construire un véritable dialogue social ET environnemental en entreprise, que je définirai plus précisément un an plus tard avec l’aide de mon père.

En mai 2019, je créé le GATE 17 (17 en référence aux Objectif de développement durable définis par l’ONU) avec l’aide de mon père, mon ami Emile et mon cousin Pierre (conseiller de la Présidence du Conseil de l’UE sur les questions agricoles). L’accueil des élus est encourageant et bienveillant, les demandes d’accompagnement et de formations sont nombreuses. Aujourd’hui, je me sens à ma place.


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